La mutation eucharistique du sacrifice face à la cité antique

(2025) TRANSUBSTANTIATION AND POLITICS Interdisciplinary and Inter-religious Perspectives — Location: Trente (17.September.2025)

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Qualifiant un tropisme institutionnel, les religions ritualistes anciennes sont des religions « incorporées » aux institutions de la cité sous le triple rapport au pouvoir, à la société, et à la coutume. Ce sont des religions politiques, sociales, et coutumières. D’autre part, au cœur de toutes les pratiques du culte civique, se trouve l’acte central du sacrifice de substitution d’une victime, animale, végétale, voire (dans les ritualismes polythéistes) humaine. D’où la question : quelles modifications affectent ce modèle dit civique ("polis" ou "civic religion"), dès lors que le sacrifice qui en soutient l'architecture subit une mutation décisive ? Un texte de saint Ignace d’Antioche est très précieux pour répondre à cette question (Phil. 4), où l’auteur dégage la triple unité eucharistique : un seul prêtre, une seule victime, un seul autel. En amont de toute théologie de l'Eucharistie, mais sur la base d'une approche institutionnelle, ce texte permet de situer le sacrifice eucharistique dans la perspective des sciences sociales et historiques, en montrant comment il a décalé systématiquement le modèle civique, aux trois niveaux que comporte celui-ci, de manière à instituer la religion dans un "domaine distinct" (Benveniste) de la cité, ce dont les conséquences dans l'ordre de l'institution sociale paraissent considérables.
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Citations

Ruelle, A. (2025). La mutation eucharistique du sacrifice face à la cité antique. TRANSUBSTANTIATION AND POLITICS Interdisciplinary and Inter-religious Perspectives, Trente. https://hdl.handle.net/2078.5/244591