Comment parler des situations de handicap en général, sans en perdre l’essentiel, à savoir leur caractère irréductiblement singulier ? C’est un paradoxe que tente de résoudre ce texte, en dégageant un plan d’analyse basé sur l’une des distinctions les plus élémentaires qui soient, celle des personnes grammaticales Je/ Tu/ Il. En suivant le témoignage de Béatrice, mère de handicapé, on montre les particularités du point de vue Je de son fils, du point de vue Tu d’elle-même, ainsi que ses démêlés avec le Il de l’administration. De l’interaction de tous ces points de vue entre eux et de chacun de ces points de vue avec le milieu dans lequel il s’insère, il résulte une analyse contextualiste du handicap, d’où seul pourra résulter le Nous d’un monde commun partagé.
Hunyadi, M. (2010). Des personnes singulières à toujours considérer au pluriel. In Jean-Claude Ameisen (ed.), L’éternel singulier (p. p. 63-91). Le Bord de l’eau. https://hdl.handle.net/2078.5/57678