Cet article vise à étudier les modalités de lecture, dans trois contextes distincts, de ce qui se donne à l’origine comme un simple dispositif cadrant : le piédestal. Toutes les machines du feu d’artifice donné à Lyon pour fêter la signature du traité des Pyrénées reposaient en effet sur des supports de formes variables. D’emblée cependant, plusieurs piédestaux semblent outrepasser leur rôle d’accessoire ; la relation de la fête (1660) écrite par le jésuite Claude-François Ménestrier le confirme, tout en amplifiant les enjeux politiques des célébrations par le cadrage des gravures. Ces mêmes images deviendront entièrement symboliques lorsqu’elles seront finalement employées dans la section d’exemples de l’Art des Emblemes (1662) du même auteur. Tous les piédestaux se verront alors dotés d’un sens figuré, révélant au passage quelques procédés de l’emblématique par lesquels une image peut obtenir une nouvelle signification.
Gérardy, E. (2023). De la fête aux livres : usages du cadre chez Claude-François Ménestrier. Textimage, L’image dans le livre((en ligne)), 1-5. https://hdl.handle.net/2078.5/101638 (Original work published 2023)