Qui parle au nom de la « nature » ? Au cœur des imaginaires conflictuels des droits de la nature
Petel, Matthias
(2023) Re)penser le droit face aux bouleversements environnementaux et climatiques — Location: Université Libre de Bruxelles (17.November.2023)
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Petel, MatthiasUCLouvain
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Les partisans des « droits de la nature » considèrent que l'incapacité du droit de l'environnement à résoudre les crises écologiques réside dans sa reproduction du biais anthropocentrique de l'éthique occidentale. Selon eux, la nature doit devenir une personne juridique avec ses propres droits pour lutter contre sa privatisation et sa marchandisation. Dans cette contribution, je soutiens que le cadre des droits de la nature est en réalité compatible avec différents cadres idéologiques et pourrait donc faire l'objet de mises en œuvre institutionnelles extrêmement diverses avec des résultats contrastés en termes de distribution du pouvoir. La question centrale est de déterminer quels groupes sociaux peuvent légitimement parler au nom de la nature et faire respecter ses droits. Cette contribution discute de trois archétypes qui pourraient donner une réponse variée à cette question. Premièrement, le mythe de la nature sauvage dont l’objectif principal est la création zones naturelles sous l'impulsion d'experts en conservation au détriment des communautés locales. Deuxièmement, le cadre de la justice environnementale qui cherche à combattre les déséquilibres de pouvoir dans les processus de prise de décision en matière environnementale en faveur des communautés locales marginalisées. Troisièmement, le paradigme indigène qui vise à renforcer les luttes des peuples autochtones pour l’auto-détermination de leurs territoires. Cet exercice permet de souligner que droits de la nature peuvent mener à une gouvernance écologique aux formes variées, voire antagonistes, ce qui soulève un enjeu de théorie politique largement sous étudiée dans la littérature juridique. En effet, loin de simplement transformer les relations homme-nature, les droits de la nature modifient avant tout les relations de pouvoir entre les communautés humaines.
Petel, M. (2023). Qui parle au nom de la « nature » ? Au cœur des imaginaires conflictuels des droits de la nature. Re)penser le droit face aux bouleversements environnementaux et climatiques, Université Libre de Bruxelles.