Investissements fonciers ou Accaparement des terres ? Les Etats de l’Union africaine dans la tourmente des choix développementalistes

(2021) L’Etat africain et la crise postcoloniale. Repenser 60 ans d’alternance institutionnelle et idéologique sans alternative socioéc — ISBN: [978-2-343-23066-5], p. 473-500, published

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Le phénomène d’accaparements des terres ou “land grabbing” en Afrique fait l’actualité politique depuis près d’une décennie de grande « ruée sur la terre ». Ce phénomène de plus en plus médiatisé et documenté semble resté pourtant en déconnexion avec un type de discours juridique qui conçoit ce phénomène d’accaparement des terres au titre d’investissements utiles à la croissance économique. Le présent chapitre partant du corpus d’instruments juridiques stratégiques de l’Union africaine et de ses politiques publiques en matière foncière, agraire et agricole essaie de concilier les tensions existantes entre discours d’investissement, droit au développement et protection des droits fonciers collectifs des communautés locales menacées par les accaparements des terres. Face aux contraintes des choix développementalistes, l’analyse met en exergue l’opportunité de renforcer l’ingénierie institutionnelle en matière foncière pour faire face aux inégalités foncières et agraires en particulier et à la crise autour de la redistribution des ressources naturelles en général en Afrique. Dès lors, une remise en cause d’un modèle d’Etat néolibéral est faite, conduisant à repenser la résistance vis-à-vis de la violence symbolique de l’Etat et du marché qu’il promeut par le haut. L’enjeu d’une telle démarche est de redéfinir un rapport clair autour d’une titularité partagée et concertée de la souveraineté sur les ressources naturelles de l’Etat avec les communautés locales autour d’un projet de (ré)encastrement de l’économique dans le social et le culturel. Se doter des moyens de sa propre politique pour repenser le développement à la base est la voie indiquée de cet encastrement dans une perspective inclusive des communautés locales agissant comme co-sociétaires des investissements fonciers et autres investissements connexes sur les ressources naturelles. Il s’agit d’une urgence pour l’Union africaine en général et pour ses Etats africains en particulier d’élaguer l’idéologie néolibérale de leurs législations afin d’échapper à la dépendance et à l’affaiblissement de leurs structures de base que le projet néolibéral semble accentuer par le primat de l’arbitrage privé et le primat de l’investisseur sur le propriétaire.
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Citations

Baraka Akilimali, J. (2021). Investissements fonciers ou Accaparement des terres ? Les Etats de l’Union africaine dans la tourmente des choix développementalistes. In Joël BARAKA AKILIMALI et Tresor MAKUNYA MUHINDO (dir. (ed.), L’Etat africain et la crise postcoloniale. Repenser 60 ans d’alternance institutionnelle et idéologique sans alternative socioéc (L’HARMATTAN, p. p. 473-500). L’HARMATTAN. https://hdl.handle.net/2078.5/223333