La boîte à musique du rajah Sourindro Mohun Tagore (MIM inv. 1946) : médiatiser l’autre et le soi dans le Raj britannique à la fin du XIXe siècle

(2024) Le marché mondial des instruments de musique — Location: Philharmonie de Paris (18.November.2024)

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Pendant de longues années, la boîte à musique MIM inv. 1946, dont le cylindre porte huit mélodies composées par le rajah Sourindro Mohun Tagore, est restée un hapax dans les collections du Musée instrumental du Conservatoire de Bruxelles. Offerte depuis Kolkata à Léopold II en 1880, elle intégrait le musée dès l’année suivante. Pourtant, elle ne fut inscrite à l’inventaire qu’à la toute fin du XIXe siècle, et, jusque dans les années 1960, restait dans le musée l’unique représentant de ce type d’instrument mécanique. Le destin de cette boîte à musique interroge à de nombreux égards. De fait, il peut paraître curieux que la production musicale d’une éminente figure de la Renaissance bengali ait pu être reproduite sur un instrument dont la facture est indubitablement imputable aux ateliers suisses de Sainte-Croix. En outre, alors que les premiers conservateurs du musée ambitionnaient de constituer une collection « universelle », on peut s’interroger sur leur indifférence envers des instruments extrêmement répandus depuis le XVIIIe siècle. Enfin, alors que Victor-Charles Mahillon avait manifesté un vif intérêt pour la « collection-matrice » envoyée en Belgique par le rajah en 1876, le fait qu’il n’ait officiellement intégré cette boîte à musique que deux décennies après son acquisition suggère que sa perception de l’instrument a pu profondément évoluer au cours du temps. En mettant en lumière les conditions de production de cette boîte à musique en Suisse et celles de sa diffusion dans la capitale bengali du Raj britannique, puis en interrogeant sa réception en Belgique et dans différentes expositions universelles, cette communication entend explorer les multiples statuts qui ont pu lui être conférés : divertissement exotique pour les colons britanniques en Inde ; document d’une révision historiographique des traditions musicales bengali ; enregistrement, enfin, d’une authenticité que seule autorise une conception notationnelle de la musique.
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Thoraval, F. (2024). La boîte à musique du rajah Sourindro Mohun Tagore (MIM inv. 1946) : médiatiser l’autre et le soi dans le Raj britannique à la fin du XIXe siècle. Le marché mondial des instruments de musique, Philharmonie de Paris. https://hdl.handle.net/2078.5/246651