Parmi la multitude de micro-décisions que prend constamment un enseignant en train de donner cours, il y a celle potentiellement redoutable de décider que faire face à un élève qui ne respecte pas les consignes ou les règles : réagir ou pas, si oui à partir de quand, et surtout comment ? Schématiquement, ne pas intervenir, c'est courir le risque que l'élève décroche de l'activité, voire d'un effet domino sur d'autres élèves. Mais intervenir, c'est risquer de perturber le déroulement de l'activité pour l'ensemble de la classe, voire de susciter une escalade avec l'élève concerné. Cette tension ou ce dilemme professionnel touche un ingrédient central de l'efficacité de l'enseignement : la conduite de la classe. Or, c'est un aspect du métier à propos duquel les enseignants s’estiment habituellement trop peu formés et regrettent le peu d’occasions d'en discuter sérieusement entre collègues. Les quelques lignes qui suivent visent à contribuer à la réflexion sur ce sujet.
Galand, B. (2014). Autorité et sanction : entre pragmatisme et recherche de sens. Prof - le magazine des professionnels de l’enseignement, 24, 30-31. https://hdl.handle.net/2078.5/194463 (Original work published 2014)