Le concept de rythme, couramment défini et pensé à partir d’une vision musicale et métrique héritée de Platon, connaît actuellement une transformation sémantique qui s’observe au sein d’une pluralité de domaines et de recherches non-concertées (Pascal MICHON, 2013). Le rythme recouvre désormais, dans un monde dit fluide, son sens initial Pré-platonicien proche du rhuthmos entendu comme manière particulière de fluer ou modalités d’accomplissement d’une forme dans le temps. Cette mutation qui s’exprime à partir d’un texte fondateur (Emile BENVENISTE, 1951 puis 1966) aboutit à une définition souple du concept, destinée à lui restituer sa profondeur initiale (Pierre SAUVANET, 2000). La communication proposera d’effectuer, à la lumière de la notion de rythme telle qu’elle est en passe de se transformer dans les années 1950-60 — au sein d’un contexte marqué par l’apparition de nouveaux médias et par la révolution technique du béton armé — une lecture particulière du procédé qui relie la conception de l’œuvre musicale Metastasis (1953) à celle du Pavillon Philips (1958). L’influence grecque et Corbuséenne de la métrique, la pensée de la fluidité et du mouvement, sont autant d’items qui tendront à décrypter le geste (Henri MALDINEY, 1965) de Xenakis. Un geste créateur « entre les mondes » de la musique et de l’architecture, et que nous supposerons rythmique.
Declercq, Z. (2022). Pour une pensée du rythme dans l’œuvre de I. Xenakis. In Séverine Bridoux-Michel (ed.) (ed.), Entre les mondes, Iannis Xenakis. Presses Universitaires du Septentrion. https://hdl.handle.net/2078.5/228262