(2003) Annales de l’université de Craïova — Vol. 6, p. 59-71 (2002)
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Francard, MichelUCLouvain
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Le français est sans doute la langue de grande diffusion sur laquelle s’est exercée – et s’exerce toujours – la plus forte pression normative. Ce travail, entamé dès le 16e siècle au bénéfice de la variété en usage dans l’Île-de-France, a pris des contours et des dénominations différents suivant les époques, mais n’a jamais varié sur l’ambition à atteindre : doter un peuple – les Français – d’une langue patrimoniale à vocation internationale. L’existence d’un « français de référence » est donc concomitante de la diffusion du français dans et à l’extérieur de l’Hexagone. Cette situation pose deux questions fondamentales : que représente ce « français de référence » pour les Français qui se le sont approprié au fil de leur histoire ? que représente ce « français de référence » pour les francophones qui n’appartiennent pas à la nation française ? Parmi le large éventail des réponses déjà émises, cette contribution se focalise sur deux points de vue : celui des grammairiens et des linguistes qui ont construit le concept de « français de référence » ; celui aussi des locuteurs francophones des communautés « périphériques » (Wallonie-Bruxelles, Suisse, Québec, Acadie, anciennes colonies françaises et belges, etc.), qui revendiquent aujourd’hui une identité distincte des « Français de France ». On tente également d’approfondir l’étude des rapports entre la variété de référence et les autres variétés, en veillant à tenir compte à la fois des représentations linguistiques et des pratiques langagières des locuteurs.
Francard, M. (2003). Normes et variétés de langue. Le cas du français. Annales de l’université de Craïova, 6, 59-71. https://hdl.handle.net/2078.5/153162 (Original work published 2002)