"Théologie bien ordonnée pense par soi-même". S’il m’est permis de transformer ainsi l’adage bien connu qui porte sur la charité, je voudrais commencer par ceci. S’il est nécessaire de s’expliquer, et parfois longuement, sur ce qu’on a pu apprendre à penser à l’école d’un philosophe, la théologie serait bien mal avisée de se montrer dépendante de tel ou tel d’entre eux, qu’il se nomme Aristote, Hegel ou Derrida, et quel que soit ce qu’on nomme ainsi « dépendance », entre influence secrète, contrebande et revendication d’héritage. « Théologie bien ordonnée pense par soi-même. » On se demanderait bien pourquoi – Dieu seul le sait – le théologien serait ainsi dépendant de telle ou telle philosophie, soit par déficience intellectuelle, soit au nom d’un savoir supérieur, qui le rendrait incapable de penser par lui-même son objet.
Affiliations
Université catholique de l'OuestFaculté de théologie et d’étude des religions
Riaudel, O. (2005). Derrida et la ‘mère de la théologie’. Revue d’éthique et de théologie morale, 235, 49-57. https://doi.org/10.3917/retm.235.0049 (Original work published 2005)