(fr) La poésie orale est l’une des déclinaisons « hors livre » de la littérature, qui sont généralement caractérisées par un investissement du corps et de la voix des auteur·es. Le rythme en est un élément central. Les performances de poésie orale supposent l’existence d’un texte écrit préparatoire (sauf en cas d’improvisation). Elles constituent par conséquent un terrain privilégié pour étudier les relations pouvant s’établir entre écriture et oralité. Cette recherche vise à étudier la construction du rythme dans une pratique contemporaine de poésie orale : le slam. Née aux États-Unis dans les années 1980, cette pratique s’est développée en Europe à partir de scènes ouvertes. Le slam, par essence mouvant, ne se laisse pas réduire à une forme ou un genre. Il est avant tout une performance scénique régie par le principe suivant : l’on dispose de trois minutes pour dire un texte dont on est l’auteur·e, sans accessoire ni musique. Les études menées sur le slam sont peu nombreuses et la plupart d’entre elles proposent soit une approche centrée sur l’écrit, soit une approche sociologique ou psychanalytique. Avec cette thèse, je vise à (1) définir les rythmes dans le slam à partir de caractéristiques prosodiques internes ; (2) analyser les contributions respectives du texte préparatoire et de la performance orale dans la création des rythmes. En même temps, je documente la pratique du slam en Belgique francophone. Je propose une approche innovante à la croisée de la linguistique du français parlé et de la théorie littéraire de la poésie écrite pour, d’une part, déterminer comment se construit le rythme au sein d’une pratique poétique largement inexplorée et, d’autre part, élaborer un modèle théorique contribuant à l’étude des rapports entre discours oral et discours écrit.
Colau, A. (2023). Analyse des rythmes dans le slam : construction d’une pratique partagée de poésie contemporaine en Belgique francophone. https://hdl.handle.net/2078.5/216340