(fr) Nos sociétés semblent aujourd’hui prises au dépourvu : des attentes et conflits originaux leur viennent des milieux scolaires, et il leur paraît visiblement difficile de savoir comment s’y rapporter. Leurs enjeux concernent explicitement les relations entre acteurs de l’école. Ils regroupent des expériences d’humiliation, de mépris ou d’indifférence, et se déploient autour de propos « blessants », de règles de vie commune « violées », de pratiques pédagogiques « discriminantes »... Quelle position devrions nous adopter à leur égard ? Devrait‐on s’en méfier, y rester indifférent ou y voir de simples controverses juridiques ou redistributives ? Depuis leur émergence dans les années 90, les théories philosophiques de la reconnaissance nous semblent offrir une voie féconde d’élucidation des enjeux de ces attentes et conflits, en les reliant dans certains cas à des exigences légitimes de justice. C’est cette proposition que cette thèse s’efforce d’investiguer, cherchant à établir quel sens une théorie relationnelle de la justice – inspirée des théories de la reconnaissance – peut effectivement revêtir, et quelle peut être sa contribution interprétative et normative à plusieurs débats scolaires contemporains (logiques de notations, libéralisation des parcours scolaires, politiques de lutte contre l’échec scolaire...).
Michiels, T. (2017). Justice scolaire : de la redistribution à la reconnaissance : éléments pour une approche relationnelle de l’école. https://hdl.handle.net/2078.5/53913