Que faut-il lire ? Qui faut-il lire ? On connait tous ces questions-injonctions (plutôt scolaires) qui reviennent très fréquemment de la part de personnes qui voudraient ne lire que le « meilleur » de la production littéraire d’une aire géographique ou d’une ère temporelle plus ou moins large ; autrement dit, de personnes qui préfèrent s’avancer en territoire littéraire balisé. Et si Google, à travers ses Google Doodles d’écrivain·e·s, mieux que les mille et une listes existantes qui se sont attachées à répondre à cette question, pouvait définitivement clore le débat ? Ou plutôt, et de manière plus fine, que nous dit la sélection d’auteur·e·s réalisée par le moteur de recherche de Larry Page ? De même, quelle portée symbolique Google peut-il avoir sur notre rapport à la littérature et à la lecture et, plus spécifiquement, sur la conception et l’imaginaire de l’anthologie d’écrivain·e·s au XXIème siècle ? Par ailleurs, un Google Doodle constituerait-il, dans la lignée d’un Nobel de littérature ou d’une publication dans la Pléiade, un acte de patrimonialisation suprême pour un écrivain·e, étant donné que Google est un des sites les plus consultés et utilisés au monde ? Aussi, ces Google Doodles mettent-ils sur pied une première anthologie globale et populaire d’une éventuelle littérature mondiale ? À partir de ces questions, il s’agit de mettre en lumière le panthéon littéraire peu à peu organisé et édifié par Google ainsi que d’esquisser quelques perspectives et enjeux sous-jacents à cette opération.
Lahouste, C. (2017). L’anthologie d’écrivain·e·s à l’ère du web. Rapide analyse des Literature Google Doodles. Imaginaires de Google - Speed colloque, Montréal. https://hdl.handle.net/2078.5/180469