L’élevage des petits ruminants reste l’apanage des petits exploitants dans les pays à faible revenu comme le Bénin, malgré les mutations environnementales et sociétales. De nombreux travaux scientifiques évoquent la faible productivité des petits ruminants élevés dans ces pays et des problèmes sanitaires sont généralement identifiés. Les parasitoses digestives sont les principales affections rencontrées et les éleveurs, dans leur majorité, ont recours aux pratiques ethnovétérinaires pour le traitement. L’objectif général de cette thèse est de contribuer à l’utilisation efficiente et rationnelle des plantes médicinales dans le traitement des parasitoses digestives de petits ruminants élevés au Bénin. Pour y arriver, nous avons procédé à l’inventaire des plantes médicinales et étudié la disponibilité des principales plantes inventoriées. Un screening de l’activité anthelminthique (Ah) d’extraits des principales plantes a été réalisé et leur cytotoxicité a été explorée à l’aide du test MTT. Nous avons ensuite procédé au fractionnement de deux extraits les plus efficaces et moins cytotoxiques pour en identifier des composés majoritaires. Cette identification a été réalisée par déréplication couplée à des réseaux moléculaires à partir des données HPLC-HRMS. Au total, 101 plantes médicinales ont été inventoriées. Les résultats ont montré que Spondias mombin, Zanthoxylum zanthoxyloïdes et Khaya senegalensis sont les plantes les plus utilisées dans le traitement des affections des petits ruminants au Bénin. La disponibilité des plantes étudiées et leurs paramètres structuraux ont varié en fonction de la zone climatique et du type d’habitat. Par ailleurs, nos résultats du screening biologique ont montré que certains extraits de Terminalia leiocarpa, Morinda lucida, Vitex doniana, Crossopteryx febrifuga, Caesalpinia bonduc et Adansonia digitata étaient efficaces dans l’inhibition de la migration des larves de Haemonchus contortus et les moins cytotoxiques. La déréplication a permis d’identifier 39 composés dont 23 dans T. leiocarpa et 16 dans M. lucida. L’acide shikimique, le 2,3-(S)-hexahydroxydiphenoyl-D-glucose, la quercetine-3-O-(6-O-galloyl)--D-galactopyranoside et la rosamultine ou des isomères ont été identifiés pour la première fois dans T. leiocarpa. De même, la présence de borreriagenine, de methoxygaertneroside et de dehydromethoxygaertneroside ou isomères dans M. lucida a été notée pour la première fois. Ces résultats peuvent servir de base à d’autres études ultérieures pour une utilisation plus rationnelle et durable des plantes médicinales dans la prise en charge des affections des petits ruminants.
Tchetan, E. (2023). Contribution à l’étude des potentialités anthelminthiques de plantes de la médecine traditionnelle vétérinaire béninoise. https://hdl.handle.net/2078.5/102400