Ce texte porte sur les dynamiques identitaires des Rwandais de Bruxelles telles qu’elles se laissent saisir à travers une analyse spatiale. Il s’agit de comprendre les phénomènes identitaires qui sous-tendent les entre-soi rwandais à Bruxelles (bistrots, églises, commerces communautaires, etc.) mais aussi l’omniprésence des objets décoratifs rwandais dans les habitations des personnes issues de cette population. L’« abordage par l’espace » (Remy, 2015, p. 26) que je présente ici prend appui sur une recherche doctorale en cours. À travers des méthodes qualitatives, cette recherche plus large vise à saisir les réaménagements identitaires des Rwandais de Bruxelles sous les effets conjugués de la condition diasporique, la mémoire traumatique et le milieu urbain. Comment, suite à l’histoire traumatique rwandaise, aux exils qui ont suivi et à la réinstallation en Belgique, se construisent, se refondent et se réorganisent les identités et particulièrement l’identité ethnique des Rwandais de Bruxelles ? C’est la question qui est à la base de cette recherche doctorale. Le prisme spatial offre bien des avantages et la conceptualisation qu’en fait Jean Remy bien des opportunités analytiques. Pour lui, l’espace est un « objet central de la sociologie » (2015) qui, à l’instar du temps, structure la vie quotidienne et peut constituer un angle analytique pertinent pour chacun des domaines de cette discipline. L’approche qu’il propose est dense et multifacette. Son espace est à la fois invisible et visible, conçu et vécu, ou encore perçu et surtout relationnel…
Nsengiyumva, J.-L. (2018). Les dynamiques spatio - identitaires des Rwandais de bruxelles. In Emmanuelle Lenel (sous la dir) (ed.), L’espace des sociologues (Erès, collection sociétés urbaines et rurales - poche, p. p. 296). Erès.