Un semis précoce durant une des brèves saisons sèches apparaissant entre les saisons de pluies aux équinoxes, pourrait réduire l'impact des maladies cryptogamiques sur la culture de la tomate dans la contrée de Butembo (Est de la R. D. Congo). Afin de comprendre le comportement physiologique et agronomique des plants de tomate soumis à un stress hydrique précoce, nous avons examiné quatre variétés (Marglobe, Marmande, Floradade, Ginette) soumises à l'arrêt de l'arrosage à partir de l'apparition macroscopique de la première inflorescence au cours de deux essais successifs conduits sous serre en pots. Une réduction significative du potentiel hydrique (de -0,33 MPa pour les témoins à -2,1 MPa pour les plants traités) a été enregistrée à la fin du traitement (après 14jours d'arrêt d'arrosage). Une augmentation de la teneur en proline et en sucres solubles totaux dans les cellules foliaires accompagnée d'une réduction significative du potentiel osmotique (de -0,63 Mpa pour les témoins à -1,97 Mpa pour les plants traités) a été observée. Le contenu relatif en eau a été nettement réduit chez les plants traités, la turgescence des cellules étant toutefois maintenue mais sans préserver la croissance. Le ralentissement de la croissance s'est traduit par une réduction significative de la surface foliaire (46-68%), la biomasse sèche (48-61%), le nombre de feuilles (13-23%) et la hauteur des plants (37-52%) à la fin de la période de traitement. La phase de réhydratation a été marquée par une normalisation de l'état hydrique et une parfaite reprise de la croissance et du développement des plants précédemment traités. Le ralentissement de la croissance des plants traités a toutefois provoqué un fort retard d'au moins 6jours de l'apparition de la troisième et quatrième inflorescences dans la phase de réhydratation. Il en fut de même pour l'anthèse au niveau de quatre premières inflorescences étudiées. La proportion de fruits formés avec nouaison normale a été réduit de 18-38% et 5-26% respectivement au niveau de la première et deuxième inflorescences ayant évolué en grande partie durant la période de manque d'eau. De même, une réduction significative du rendement en fruits a été enregistrée au niveau de la première et deuxième inflorescence. Cette diminution a été largement compensée par les rendements obtenus au niveau des inflorescences supérieures apparues dans la phase de réhydratation. Les rendements de Marmande et Floradade ont été supérieurs à ceux des deux autres variétés.
Kambale Valimunzigha, C. (2006). Etude du comportement physiologique et agronomique de la tomate (Solanum lycopersicum L.) en réponse à un stress hydrique précoce. https://hdl.handle.net/2078.5/97554