Les dieux et cultes des cités grecques et siciliennes victimes de Verrès sont présentés par Cicéron comme fort proches et des Romains et de leurs dieux. Cette proximité s’exprime par le nom romain qui est appliqué à ces dieux, par le caractère universel de certains d’entre eux, par la protection et le soutien que des généraux romains leur ont accordés, mais enfin et surtout par l’adoption, à titre public, de l’une d’eux par les Romains. En présentant de la sorte les divinités spoliées par Verrès en Grèce et en Sicile, l’orateur servait bien sûr avant tout les intérêts de sa cause et alourdissait d’autant plus les charges pesant sur son adversaire. Mais pour être crédibles et émouvoir ses auditeurs romains, de tels arguments devaient aussi correspondre à certaines réalités et à des sentiments partagés.
Van Haeperen, F. (2016). Les dieux publics outragés par Verrès. In C. Bonnet, V. Pirenne-Delforge, G. Pironti (ed.), Dieux des Grecs - Dieux des Romains. https://hdl.handle.net/2078.5/46643