La "forme victorieuse". Des lettres de Schiller "Sur l’éducation esthétique de l’homme" aux "Disciples à Saïs" de Novalis

Cahen-Maurel, Laure
(2019) Les formes romantiques de la vie. Poétisations de l’existence dans le romantisme européen, sous la direction de Laure Cahen-Maurel, Victoire Feuillebois et Martin Mees — accepted/in-press

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  • Cahen-Maurel, LaureUSL-B
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La contribution examine le contenu et les présupposés d’une conception précise de la forme, celle de « forme victorieuse », qui est l’objet de la culture esthétique recherchée par Schiller dans les "Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme" et qui pose la question des rapports entre l’idéal et le réel, l’esprit et la vie, le rationnel et le sensible. Le propos de l’article est de mettre en lumière la façon dont le programme novalissien d’une union de l’art et de la vie assume pour une part l’héritage schillérien de cette culture esthétique de la forme, et pour une part le dépasse en lui donnant un prolongement inédit. La « forme victorieuse » est la forme sous laquelle deux opposés peuvent être rapprochés et réunifiés sur le mode de l’harmonie par delà les champs de tension qui les tiennent à distance l’un de l’autre, à condition d’être pensés en termes dynamiques d’activité et de réciprocité, comme ressortissant en réalité à une unique force ou énergie. Elle désigne chez Schiller une région de l’être, ou un certain mode d’être. La beauté est, à ses yeux, le paradigme d’une telle « forme victorieuse », qui fait sortir les formes de l’art du régime de l’imitation : véritable zone d’autonomie temporaire, une fois l’équilibre atteint, elle a sa vie propre, tenant par un bout au monde sensible, réel, matériel, et par l’autre bout au monde moral et au domaine de l’esprit. Reprenant à son compte l’harmonie qui est synonyme dans l’esthétique schillérienne de « forme victorieuse », Novalis propose toutefois une autre perspective sur la forme. L’étude de deux exemples topiques : la Junon ludovisienne, évoquée dans la lettre XV de "L’éducation esthétique", d’une part, Rosenblütchen (Bouton-de-Rose), le personnage du conte des "Disciples à Saïs" de Novalis d’autre part, offre un accès à cette reprise créatrice. Se dégage ainsi le parcours de la « forme victorieuse » schillérienne à la « forme merveilleuse » romantique, de la statue au conte.
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Cahen-Maurel, L. (2019). La “forme victorieuse”. Des lettres de Schiller “Sur l’éducation esthétique de l’homme” aux “Disciples à Saïs” de Novalis. In Les formes romantiques de la vie. Poétisations de l’existence dans le romantisme européen, sous la direction de Laure Cahen-Maurel, Victoire Feuillebois et Martin Mees. Editions Hermann. https://hdl.handle.net/2078.5/176252