Depuis les années 1990, de nombreux artistes tels que Mark Dion, Thomas Hirschhorn, Damien Hirst et Dominique Gonzalez-Foerster, rejettent la définition du diorama comme « window on nature » (Frank M. Chapman) en soulignant son caractère hétérogène et son potentiel narratif. Les « Mobile Wilderness Units » de Mark Dion mettent le diorama littéralement en mouvement pour l’inscrire dans un réseau de significations fluctuant selon le contexte de présentation. Gonzalez-Foerster, quant à elle, remplace les animaux naturalisés par des livres qui entrent en dialogue avec d’autres éléments du parcours d’exposition dans lequel le diorama est placé. Dans les deux cas, plusieurs couches temporelles et narratives se superposent et s’enchevêtrent pour créer un récit plurivoque proche du montage cinématographique. En référence au concept de chronotopes de Bakhtine, la communication situe les dioramas de Dion et de Gonzalez-Foerster au croisement de l'art contemporain, de l’histoire du cinéma et des dispositifs de musées d'histoire naturelle.
Streitberger, A. (2016). Chronotopes en mouvement. Le diorama comme objet cinématographique dans l’art actuel. Du rétro au néo, entre nostalgie et réinvention. Objets en mouvement !, Université catholique de Louvain à Mons. https://hdl.handle.net/2078.5/186307