Après une période de remise en question consécutive aux échecs de certaines missions de la décennie 1990, les opérations de maintien de la paix se sont transformées au cours des dix dernières années. Elles ont subi de tels changements que la plupart des experts préfèrent parler d’« opérations de paix », une expression qui recouvre toutes les pratiques menant à la paix, de la prévention des conflits à la consolidation de la paix en passant par le maintien et l’imposition de la paix. Aujourd’hui, les opérations de paix ce sont 200,000 gardiens de la paix déployés dans 40 missions sur cinq continents. Pour le Canada, cette nouvelle posture des opérations de paix offre de nouvelles opportunités d’engagements internationaux après le retrait l’an prochain de son contingent militaire d’Afghanistan. Au cours de la dernière décennie, les autorités gouvernementales canadiennes ont préféré engager le Canada dans des interventions militaires en dehors du cadre de l’ONU et, dans le cas particulier de l’Afghanistan, dans une mission de lutte anti-insurrectionnelle. Ce choix est parfaitement légitime. Mais les Canadiens et leurs élites doivent aussi se rappeler que Pearson a laissé un héritage dont l’étonnante transformation et la grande vitalité surprennent. Le monde entier mène dorénavant des opérations de paix – ancienne comme nouvelle version – un de ses instruments par excellence pour la gestion ou le règlement des conflits. Le Canada, fort de cette tradition et de l’expérience exceptionnelle et courageuse de ses militaires en Afghanistan, est dorénavant en mesure de se réengager dans les opérations de paix.
Liegeois, M. (2010). Qu’est-il advenu du maintien de la paix ? : L’avenir d’une tradition. Canadian Defence & Foreign Affairs Institute. https://hdl.handle.net/2078.5/34743