Cette recherche menée dans le cadre de la Chaire laboRH vise, en particulier, à faire l’état des connaissances quant (i) aux caractéristiques et enjeux du flexwork, et (ii) aux risques et opportunités que cela génère en matière de bien-être, de collaboration et de productivité. Le flexwork, tel que nous le définissons, est caractérisé comme l’association du télétravail à domicile et/ou mobile et la mise en place d’espaces de travail flexibles. Le télétravail est considéré comme une forme d’organisation du travail dans laquelle le travail est réalisé partiellement ou totalement en dehors du lieu de travail conventionnel de l’entreprise, à l’aide des TIC (il peut être mobile ou à domicile) (Konradt, 2000). De même, l’organisation d’espaces de travail flexibles est ici caractérisée par la mise en place de différentes formes d’openspace, c-à-d des bureaux collectifs vidés de toute différenciation et composés de rangs où travaillent les employés (Léon, 2003). Tel que nous le caractérisons, le flexwork est défini selon trois dimensions : le(s) lieu(x) où il s’opère, la fréquence de l’arrangement de travail flexible (permanent, alterné, occasionnel) et la conception de cet arrangement en termes d’autonomie et de contrôle du travailleur. Nous étudions trois variables dépendantes. La première, le bien-être, est caractérisée par plusieurs indicateurs que nous avons sélectionnés et discutés : la santé (physique et psychologique), la satisfaction (professionnelle, de carrière et familiale), la réalisation de soi et la qualité de vie. La deuxième variable, la collaboration au travail, est caractérisée par le partage des connaissances au sein d’une organisation. Nous avons étudié les différents impacts que pouvait avoir le flexwork sur le partage des connaissances et les antécédents à ce partage. Enfin, notre troisième variable, la productivité, est étudiée selon trois indicateurs principaux : l’expérience professionnelle, la motivation et le sentiment d’efficacité personnelle. Une description exhaustive des différents antécédents à chacune de ces variables est dressée, permettant de rendre compte de la complexité des liens causaux ou d’association entre ces antécédents et les trois variables dépendantes étudiées. Après les avoir discutés, nous nous sommes focalisés sur neuf antécédents (ou variables médiatrices) faisant consensus en matière de bien-être, de collaboration et de productivité : les opportunités d’apprentissage, les opportunités d’évolution, la conciliation vie privée-vie professionnelle, la charge de travail, la cohésion de groupe, le soutien organisationnel, la description des frontières et des rôles, la qualité et la quantité des interactions sociales et du vécu collectif, la concentration.
Taskin, L., Desmarets, M., Nils, F., & Rousseau, A. (2014). Le flexwork et ses effets sur le bien-être, la collaboration et la productivité au travail. https://hdl.handle.net/2078.5/197536