Le présent texte est le résultat d’un travail visant à croiser les recherches de Nathalie Hancisse et de Grégory Ems. D'un côté, N. Hancisse étudie la littérature polémique autour de la reine d’Écosse, Marie Stuart. Elle s’intéresse plus particulièrement à la manière dont les textes originaux et les traductions qui en sont faites dressent le portrait de cette personnalité très controversée. L’une de ses pistes de recherche envisage les altérations et transformations opérées entre différents états d’un même texte (diverses langues sont ici envisagées : anglais, français, latin et allemand ; ainsi que divers lieux de production qui sont autant de milieux d’élaboration intellectuelle différents) en tant que vecteurs et marques d’une idéologie politique. Dans sa thèse, Grégory Ems, s'est penché sur les compositions réalisées tout au long du XVIIe siècle (1630-1685) par les deux classes terminales du collège jésuite de Bruxelles et exposées publiquement en rue. Nos deux champs de recherche illustrent différemment les difficultés que pose la traduction. Celle-ci ne consiste pas en un rendu parfait et, en traduisant, l’auteur recrée, intentionnellement ou non, mais irrémédiablement pour ainsi dire, un nouveau texte. Ce qui réhabilite la traduction comme champ de recherche à part entière de la littérature, mais ce qui pose aussi question quant au statut des traductions. Nous avons décidé de structurer cette communication en deux parties : dans un premier temps, à travers le corpus emblématique étudié par Grégory, nous expliciterons les difficultés auxquelles le traducteur est confronté [dans le cas d’un traducteur qui, dans son projet scientifique, cherche à être fidèle à « l’idéologie » de l’original et vise donc à ne rien soustraire ni ajouter par rapport au texte-source] ; dans un second temps, nous examinerons comment les traducteurs de l’époque ont « altéré » les textes en les traduisant pour transmettre ou modifier une idéologie.
Ems, G., & Hancisse, N. (2013). « Traduction et ambiguïté du langage dans le discours politique à l’époque de la première modernité : enjeux idéologiques ». GEMCA: Papers in Progress, 2(1), 137-151. https://hdl.handle.net/2078.5/33382 (Original work published 2013)