Absence de père, absence de frère, la fragilité d'une succession féminine. Préparer l'héritière et les mentalités dans les principautés des Pays-Bas aux XIVe et XVe siècles

(2021) L’absence au Moyen Âge. Journées internationales du CESCM — Location: Poitiers (9.September.2021)

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Absence de père, absence de frère, la fragilité d’une succession féminine. Préparer l’héritière et les mentalités dans les principautés des Pays-Bas aux XIVe-XVe siècles Par définition, une succession est un moment d’absence, celle d’un proche qui vient de disparaitre, mais aussi celle d’une figure d’autorité dans un territoire ou pour une fonction. Une succession, avec la transmission de pouvoir qui s’ensuit, créée, donc une rupture dans la gestion d’une province. Il y a d’un côté le règne ou le principat du prédécesseur, et de l’autre, celui du successeur. Toutefois, quand il n’y a pas d’homme, dans la famille, pour prendre la charge, la difficulté naturelle de la succession se voit accrue par la fragilité que présente un pouvoir féminin. Pendant la fin du Moyen Âge, dans les principautés des Pays-Bas, les aléas des naissances et des décès font que celui-ci est, malgré les difficultés, monnaie courante. Ainsi, Jeanne de Brabant est l’héritière de son père après les décès successifs de ses trois frères ; Marguerite de Male hérite des provinces de Louis II, comte de Flandre, d’Artois, de Nevers et de Rethel ; et Jacqueline de Bavière succède à Guillaume VI de Hollande en 1417. La femme étant, dans les mentalités, physiquement plus faible et manquant des attributs militaires nécessaires à la protection de ses sujets, elle n’est pas la candidate idéale pour gérer une principauté, quelle qu’elle soit. Toutefois, en l’absence d’un fils, elle est parfois la seule (ou une des seules) à pouvoir succéder. Comment, dans ce cas, pallier l’absence d’un homme, d’un pouvoir masculin ? Par quels moyens, Jean III de Brabant, Louis II de Flandre et Guillaume IV de Hainaut préparèrent-ils leur fille et leurs sujets pour tenter d’assurer une transmission la moins périlleuse possible ? Certaines mesures semblent communes, autant dans l’éducation de la princesse, que dans sa reconnaissance publique, ou à travers des vœux demandés aux sujets (villes ou nobles). Elles peuvent ainsi être étudiées et mises en avant, particulièrement en comparaison avec des dispositions prises pour les successions masculines. Toutefois, de grandes différences peuvent aussi être observées entre les situations de la princesse brabançonne au milieu du XIVe, de la duchesse de Bourgogne, héritière de Flandre, à la fin du même siècle, et de la future triple comtesse de Hainaut, Hollande et Zélande, dans la première moitié du XVe. À travers les exemples de Jeanne, Marguerite et Jacqueline, une chronologie et des priorités peuvent être observées dans l’organisation de la succession, notamment parce que Jeanne devient héritière à la mort de son troisième frère, alors que Marguerite et Jacqueline sont filles uniques, et parce que les pères de Jeanne et de Marguerite décèdent à un âge relativement avancé, alors que Guillaume VI meurt prématurément, sa fille n’ayant pas dix-sept ans. Ainsi la réalisation qu’il n’y a pas d’homme pour hériter arrive plus ou moins tardivement dans les trois situations, et impacte le temps disponible pour la préparation. La date de cette réalisation permet ainsi d’avoir, ou non, une éducation adaptée à une future femme de pouvoir, lui donnant des « armes » qu’une autre princesse n’apprend pas. Des tentatives de palliation aux manques féminins sont aussi visibles grâce à des unions. Ces dernières ont plus ou moins de poids dans la stratégie mise en place, jouant entre l’autorité masculine et la légitimité de l’épouse. Enfin, il est nécessaire, dans les mesures, d’anticiper l’absence d’autorité forçant la reconnaissance pendant la transmission afin d’assurer, par des dispositions légales, un assentiment et un soutien des sujets envers la revendicatrice du pouvoir.
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Rutsaert, C., & Rutsaert, C. (2021). Absence de père, absence de frère, la fragilité d’une succession féminine. Préparer l’héritière et les mentalités dans les principautés des Pays-Bas aux XIVe et XVe siècles. L’absence au Moyen Âge. Journées internationales du CESCM, Poitiers. https://hdl.handle.net/2078.5/217464