L’agglomération franco-valdo-genevoise présente un contexte transfrontalier spécifique dans lequel la question de la construction de la ville est particulièrement complexe : les modes de faire et les implicites culturels des décideurs sont dissymétriques, alors que le bassin de vie des habitants l’est nettement moins. Or les enjeux qualitatifs et fonctionnels de l’agglomération transfrontalière de demain nécessitent le dépassement de ce handicap relatif. La présente recherche a voulu approfondir un point important identifié lors de la recherche précédente sur les processus de production d’une ville et d’un habitat de qualité à travers les frontières : le dessin de l’espace public comme construction de lien entre ville et habitat. La démarche du Projet d’agglomération en est en effet au stade où elle a organisé la production – par de nombreuses équipes d’urbanisme connues et moins connues – d’un grand nombre de propositions de projets urbains et territoriaux le long de chacun de ses axes de développement. Et la question va se poser à court terme de la manière de les utiliser à double échelle : celle du retour à l’ensemble de l’agglomération par un « recollement » qui devrait être plus qu’une simple juxtaposition, et à celle des quartiers dans les indications qu’ils peuvent fournir aux projets qui vont permettre la réalisation de nouveaux « morceaux de ville ». Dans ce contexte, le « dessin de l’espace public » comme lien entre le logement et les centralités urbaines et métropolitaines – ou entre habitat et ville – a été identifié localement par les acteurs de l’agglomération comme l’un des thèmes fondamentaux des réflexions à conduire. En outre, l’histoire locale des « tracés régulateurs » – qu’ils aient ou non donné lieu à des réalisations – a laissé des empreintes marquantes dans la culture urbaine genevoise.
Declève, B., Tranda-Pittion, M. H., de Lestrange, R., & et al. (2011). Le dessin de l’espace public comme lien entre ville et habitat. https://hdl.handle.net/2078.5/207535