L’article développe l'idée que le modèle antique principal du généthliaque « de naissance » est la quatrième bucolique de Virgile (qui, à la Renaissance, est lu en regard du commentaire de Servius, auquel s’ajoutent progressivement de nombreux commentaires humanistes). Or ce modèle a placé d’emblée le généthliaque sous le signe d’un tiraillement entre des exigences de convenance divergentes, un tiraillement qui va rester constitutif du genre et que les poéticiens des XVIe et XVIIe siècles n’ont pas manqué de relever. En effet, la familiarité des humanistes avec l’Art poétique d’Horace les a convaincus de l’importance des règles de convenance régulant l’adéquation du discours poétique au genre et au mètre pratiqué ainsi qu’aux personnages et situations évoqués . Nous allons dès lors traquer la présence, aussi bien dans des compositions poétiques néo-latines relevant du genre généthliaque que dans des textes théoriques décrivant ce genre, de termes construits sur les racines dec-, apt- et dign-, qui sont les marqueurs traditionnels de la notion de convenance poétique et rhétorique.
Smeesters, A. (2023). Le poème généthliaque à la croisée des convenances. Annales de l’APLAES, 8, 1-18. https://hdl.handle.net/2078.5/105092 (Original work published 2023)