Cette approche est principalement centrée sur les positions et stratégies des différents agents économiques en matière monétaire. Face à des modifications de l'environnement, à des crises du système socio-économique ou de sous-systèmes, les réponses de politique économique seront puisées au sein du "paradigme" des couches dominantes. Celui-ci est la manière — historiquement déterminée — dont ces couches se représentent le réel et répondent à des évolutions problématiques. Le paradigme belge privilégie la politique monétaire externe, c'est-à-dire la régulation économique à partir de la parité du franc vis-à-vis
des autres monnaies.
La première partie du texte, présentant le cadre institutionnel et les faits, vise à cerner les évolutions monétaires et financières qui appellent des réactions de la part des agents : inflation, déficits des finances publiques, niveau des taux d'intérêt, déficit des opérations extérieures.
La seconde partie décrit les positions des différents agents face à ces évolutions.
La troisième partie présente les modifications du cadre institutionnel qui se sont réalisées durant la période et en infère des indications sur le poids relatif dont pèsent les différents agents sur le système financier.
En conclusion, la recherche propose d'interpréter la politique déflatoire menée après 1975 à deux niveaux: d'une part, elle est la seule possibilité qu'ont les couches dirigeantes de peser sur l'appareil économique, pour en atténuer les dysfonctions et le réorienter conformément à leur stratégie; d'autre part, elle concorde avec la logique institutionnelle propre de la Banque nationale et avec celles des intermédiaires financiers, du moins jusqu'à un certain point.
Spaey, D. (1981). Les marchés monétaires et financiers belges (1970-1980) (Working Papers Institut des sciences économiques 8108). https://hdl.handle.net/2078.5/278834