La question du romantisme a été abondamment représentée et discutée au sein du champ intellectuel des années de guerre en Belgique occupée. Si des auteurs romantiques allemands ont fort logiquement été l’objet d’une série de traductions dont un inventaire commenté fera partie de nos recherches, d’autres auteurs européens ont également été remis en valeur dans ce contexte. Les acteurs de la propagande culturelle allemande, tel le Romaniste de Heidelberg Walter Mönch, envisagèrent le courant romantique sous un angle résolument européen, chaque aire culturelle étant ainsi invitée à revisiter son propre patrimoine, afin de baliser via le courant romantique sa propre « identité profonde », soit son propre "Volkstum". Le romantisme fit également l’objet de diverses publications et d’abondantes discussions dans la presse et les revues, de même qu’il constitua un objet incontournable pour les expositions d’art allemand ou autre. Certains auteurs belges de la collaboration remirent finalement en valeur le romantisme de leur propre nation, afin peut-être de signifier implicitement à l’occupant qu’ils n’entendaient pas renoncer à leurs aspirations nationales dans la perspective des plans politiques de l’après-guerre. Cette contribution s’attachera à un état des lieux exhaustif de la question romantique en Belgique occupée et surtout à une réflexion sur ses enjeux esthétiques et idéologiques.
Roland, H. (2021). La question romantique dans le champ éditorial, intellectuel et journalistique de la Belgique occupée. In Christine Lombez (dir.) (ed.), Circulations littéraires. Transferts et traductions dans l’Europe en guerre (1939-1945) (p. p. 161-179). Presses Universitaires François-Rabelais. https://hdl.handle.net/2078.5/224116