Les interventions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, au début des années 1980, visèrent à ouvrir les marchés en modifiant le rôle des États dont les dépenses devaient décroître à la mesure d’une participation accrue de leurs citoyens aux frais, notamment en matière de santé ou d’enseignement. Dans une belle cohérence, l’intégration au marché international – ou transnational – impliquait la décentralisation administrative, la promotion des cultures de rente, la privatisation de la propriété foncière, la mise en place des moyens de ces politiques tels que le cadastrage, un recours accru au droit formel, l’évaluation chiffrée des performances des États mis en compétition entre eux au regard de normes floues, par des procédures de benchmarking (Bruno 2008 : 28-37), etc., en bref, moins de dépenses publiques et un interventionnisme étatique au service de l’internationalisation. Sur le plan du développement comme sur celui de son étude – et de la gestion de la recherche dans son ensemble –, les implications sont nombreuses, des rêves de modernité au bouleversement des rapports de genre en passant par les modalités d’appréhension des faits sociaux en transformation.
Mazzocchetti, J., & De Lame, D. (2012). Jonctions et conjonctures aux interfaces de la mondialisation. In De Lame D., Mazzocchetti J. (ed.), Interfaces empiriques de la mondialisation. African Junctions Under the Neoliberal Development Paradigm (p. p. 7-28). MRAC. https://hdl.handle.net/2078.5/159083