Introduction Le but de cette présentation est d'exposer et de discuter une nouvelle méthode de dosimétrie in-vivo basée sur la mesure d'un courant électrique induit dans le corps du patient par l'irradiation de photons de haute énergie en radiothérapie externe. Matériel et méthodes : Les RX utilisés en radiothérapie (6MV, 18MV, 25MV) génèrent des électrons secondaires dans le patient, par interaction Compton. Ce sont ces électrons secondaires qui participent à la dose. Un certain nombre de ces électrons s'échappent du patient principalement dans la région où le faisceau de photon sort du patient. Le corps du patient étant conducteur, si on l'isole électriquement de la terre, il est possible de mesurer le courant du à ces électrons d’échappement. Cette mesure a été réalisée à l’aide d’une électrode reliée à un nano-ampèremètre. La localisation de l'électrode n'a pas d'influence significative sur la mesure. Ceci a été réalisé sur des patients et dans un fantôme d'eau. Résultats Le courant électrique est mesuré de manière continue tout au long de l'irradiation et s'est révélé proportionnel au débit de dose. L'intégrale du courant est directement proportionnelle à la dose intégrale. Dans le cas de radiothérapie par modulation d'intensité (IMRT), le courant mesuré est également modulé dans le temps. Les tests sur fantôme ont permis d'étudier l'influence de différents paramètres géométriques (i.e. épaisseur, DSP, ouverture du faisceau). En se basant sur les courbes de courant mesuré en fonction des paramètres géométriques et du faisceau incident, nous avons pu construire un modèle analytique semi-empirique. Ce modèle a été partiellement confirmé par simulation Monte Carlo. Conclusion La mesure du courant d'échappement peut s'avérer être un outil de contrôle de qualité intéressant dans le cadre de la dosimétrie in-vivo en temps réel. Un atout important est qu'elle ne dépend pas de la position de l'électrode. Le patient isolé relié à un nano-ampèremètre est le détecteur. Ce système semble particulièrement adapté aux traitements de radiothérapie par modulation d'intensité. Il pourrait être réalisé seul ou en association avec d'autres systèmes de dosimétrie in-vivo.
Denis, J.-M., Prieels, D., Janssens, G., Orban de Xivry, J., Sterpin, E., & Vynckier, S. (2012). Dosimétrie in-vivo : le patient utilisé comme détecteur. Symposium 2012 de la société française de physique médicale, Strasbourg. https://hdl.handle.net/2078.5/57036