Jérôme affirme à plusieurs reprises que la relation entre le Bien-aimé et la Bien-aimée du Cantique des cantiques était parfaitement chaste. Dans le Contre Jovinien, il est particulièrement explicite sur ce sujet (I, 30–31). Cependant, malgré ses allégations explicites, Jérôme est parfois rattrapé par le sens premier du texte. Ainsi, en Ct 5,4, il traduit l’hébreu à contresens, en suggérant un contact physique entre les deux protagonistes alors que le scénario exclut tout contact entre eux à cet endroit du poème. Paradoxe dont les lecteurs contemporains du 21e siècle doivent peut-être prendre acte quand ils voient de l'érotique derrière les mots, là où les Anciens voyaient aussi et surtout du mystique.
Auwers, J.-M. (2018). Saint Jérôme, interprète et traducteur du Cantique des cantiques. In Elie Ayroulet et Aline Canellis (ed.), L’exégèse de saint Jérôme (p. p. 153-154). Publications de l’Université Saint-Etienne. https://hdl.handle.net/2078.5/223197