L'oeuvre d'André Baillon repose sur un certain nombre de stratégies discursives, qui sont autant de réponses inventives à la position subjective mise en scène au fil des oeuvres. Après une première mise à l'épreuve de cette hypothèse par l'examen des frontières paratextuelles de l'oeuvre 'lieu par excellence d'une communication entre l'auteur et le lecteur', une première partie s'attache à mettre au jour, dans l'énoncé subjectif des oeuvres majeures de Baillon, les modalités du rapport que le sujet entretient avec le langage ainsi que les diverses incarnations aliénantes de l'Autre auquel ce rapport le confronte. La seconde partie tente de prendre acte des effets énonciatifs du dispositif singulier par lequel le sujet de l'écriture se met en mesure de retourner sur l'Autre l'effacement qui le frappe. En ce sens, l'oeuvre invente un dispositif qui permet de faire advenir, en l'instance du lecteur, un Autre symbolique pacifié et cette invention ouvre l'accès à une pratique du langage inscrite dans le lien social.
Hauzeur, G. (2003). Inventer l’autre : position subjective et stratégies discursives dans l’oeuvre d’André Baillon. https://hdl.handle.net/2078.5/66022