Edgar Wind, ou la Kunstwissenschaft comme remède à la phénoménologie

(2026) Revue Philosophique de Louvain — Vol. 121, n° 1 (2024)

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Cet article se propose d’examiner les ressorts implicites ayant conduit l’historien de l’art et philosophe des sciences Edgar Wind à rejeter la phénoménologie husserlienne, et à lui préférer, pour l’étude des phénomènes sensibles, une « science de l’art » (Kunstwissenschaft) tournée vers l’analyse des œuvres singulières dans le contexte global de leur culture. L’œuvre d’art, dans sa complexité symbolique, résiste en effet selon lui à toute tentative de réduction eidétique, si bien qu’elle se pose comme le paradigme de l’impureté inhérente à toute expérience humaine. Cette impureté est proprement indépassable : elle engage la pensée à se mettre sans cesse à l’épreuve des choses, à mettre en tension le sensible et l’intelligible, l’affectif et le cognitif, en vue de leur enrichissement mutuel. Ce faisant, Wind redonne toute sa place et sa profondeur à l’esthétique, entendue comme science générique de la sensibilité, nous invitant par là-même à redéfinir ses rapports avec la phénoménologie.
Affiliations
  • Institution iconUCLouvainSSH/IRIS-L/PROS - Centre Prospéro - Langage, image et connaissance

Citations

Mermet, R. (2026). Edgar Wind, ou la Kunstwissenschaft comme remède à la phénoménologie. Revue Philosophique de Louvain, 121(1). https://hdl.handle.net/2078.5/268062 (Original work published 2024)