Cette conférence, prononcée à Louvain-la-Neuve, le 8 février 2012, dans le cadre du séminaire conjoint UCL/PUCP (Lima) intitulé « Structure architectoniques/structures anthropiques », propose une définition du vocable « structure » dont le champ conceptuel est exclusivement anthropologique (toute acception du vocable « structure » provenant de l’ingénierie est ici exclue). Cette définition s’enracine dans la tradition structuraliste et acquiert toute sa vigueur dans le cadre de la Théorie de la Médiation. En effet, loin de réduire la structure à quelques présupposés méthodologiques voire aux résultats analytiques d’études savantes, l’hypothèse est que l’homme est l’animal doué de structures. En ce sens, parler de « structures anthropologiques » est un pléonasme ; l’habitat, produit de l’architecture, procède nécessairement de la faculté de structuration qui excepte l’homme du règne animal et le fait accéder à la culture. Mais, il s’agit ici de faire entendre que le vide, l’abstraction, qui caractérise les valeurs structurales (formes de l’habitat), implique en architecture, comme en d’autres domaines de la culture, un effort de formulation dont la solution, toujours contingente et transitoire, suppose l’existence d’une pluralité et d’une diversité d’alternatives formelles. Nous établirons ainsi, dans le détail, que l’homme n’a – de structure – pas la formule (unique et définitive) de son habitat. Si le mot « structure » véhicule habituellement les notions de stabilité et de permanence, la structure tapie en l’homme condamne toute mise en forme de l’habitat à une reformulation imminente. L’habitat est pour toujours une question.
Pleitinx, R. (2012). Ce rien qui nous agit(e). In Renaud Pleitinx ; Paulo Dam (edit.), Micaela Chirif (trad.) (ed.), Ensayos para una teoría mediacionista de la arquitectura (p. 86). https://hdl.handle.net/2078.5/92027