Chez Lamartine, l’analogie étymologique entre désir et désastre se concrétise pleinement : le sentiment de désastre est essentiel à la constitution et à la pérennisation du désir, tendu entre le passé et l’avenir. C’est au sein de ce chaos que l’écrivain cherche à imposer l’ordre de son désir. Celui-ci doit demeurer tel au risque, par la jouissance, de s’égarer à jamais dans l’inconsistance d’un univers peuplé de fantasmes. Faute d’un signe fort et clair, le sujet lyrique lamartinien est condamné à pallier cette inconsistance par les moyens de la littérature et, partant, à rétablir l’équilibre entre fini et infini. Le désastre annoncé de la mort de l’objet d’amour assure sa survivance dans la partition métonymique du corps sur la page.
Meurée, C. (2014). Désir désastre : l’écartèlement lamartinien entre passé et avenir. In Christian Chelebourg, Barbara Cise (ed.), Cœurs romantiques, corps désirants. Minard. https://hdl.handle.net/2078.5/201339