L’Amérique latine a fait de l’imaginaire apocalyptique un de ses moyens préférés pour interpréter les grandes ruptures historiques qui ont affecté le sous-continent. S’il est vrai que l’imaginaire renvoie à un réseau de représentations mentales alimentées par un legs mythique, religieux et/ou historique, doté d’une valeur épistémologique et axiologique, de quelle nature sont ces “représentations mentales” ? Quels en sont les éléments minimaux ? Comment les définir dans le maremagnum des références apocalyptiques qui restent marquées par une ambigüité tenace? Certes, l’on a pu identifier identifier le genre biblique apocalyptique (et plus particulièrement les mythèmes de l’Apocalypse de saint Jean) comme source principale, bien que non exclusive, de l’imaginaire hispano-américain du même nom, mais qu’est-ce qui en reste dans les versions littéraires plus contemporaines ? Après avoir défini l’“imaginaire apocalyptique” et contextualisé brièvement cette problématique dans le cadre de la littérature hispano-américaine, le présent article se propose d’approfondir le statut de la référence à l’Apocalypse biblique dans une sélection significative de textes poétiques hispano-américains: Fin de mundo (1969) de Pablo Neruda, “Apocalipsis” (1965) de Ernesto Cardenal, “Pax” (1915) de Rubén Darío. Notre hypothèse de travail est la suivante : c’est le type de lecture du texte biblique qui détermine le statut et, peut-être aussi, la valeur de la référence à l’Apocalypse.
Fabry, G. (2010). Las referencias al Apocalypsis en la poesía de Darío, Neruda y Cardenal : ¿símbolo, alegoría o estereotipo? Interférences Littéraires, 5, 97-108. https://hdl.handle.net/2078.5/153272 (Original work published 2010)