INTER-ORGANIZATIONAL RELATIONS IN PEACEBUILDING PROCESSES. AN INSIGHT FROM KOSOVO

Pellon, Gaëlle;Vandamme, Dorothée
(2012) , 40 pages

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Authors
  • Pellon, GaëlleUCLouvain
    Author
  • Vandamme, Dorothéeorcid-logoUCLouvain
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Abstract
Résumé: [La multiplication des partenariats inter-organisationnels en matière de gestion de conflits est un phénomène encore nouveau en relations internationales. Alexandru Balas (2011) a montré que 80 % des opérations de paix menées depuis 2008 était sous forme de partenariat inter-organisationnel. Ce phénomène, en pleine expansion, questionne tant notre compréhension de la coopération inter-organisationnelle que le moyen de l’étudier de manière rigoureuse. En outre, alors que les autres disciplines de sciences sociales, telles que l’action publique ou le management, se sont emparées de ce sujet depuis longtemps, produisant des études empiriques très poussées (Cropper 2010), l’étude des relations inter-organisationnelles est encore à l’état embryonnaire en Relations internationales. Rares sont, en effet, les analyses qui vont au-delà de l’étude de cas et bien souvent les approches sont dyadiques, statiques et manquent d’une vision globale. L'étude présentée ici propose une nouvelle approche de ce phénomène, et s'inscrit dans une perspective innovante d'analyse en réseau. Les analyses des processus de résolution de conflit en termes de partenariats inter-organisationnels mettent, en effet, en avant la multipli-cité des acteurs internationaux pouvant être impliqués dans ces processus, qu’ils soient or-ganisations internationales, Etats ou acteurs non-gouvernementaux. La perspective d’analyse en réseau complète cette image, en ajoutant les interactions qui (re)lient ces acteurs entre eux et tendent à former des réseaux, plus ou moins stables, dans des espaces d’action spécifiques. C’est à travers l’analyse des caractéristiques structurales de ces réseaux de coopération que l’on peut alors mettre à jour les dynamiques d’interactions et les jeux de pouvoirs entre acteurs. L'étude présente les résultats d’une analyse du processus de gestion collective du post-conflit au Kosovo. Les données empiriques ont été recueillies entre mai et septembre 2011 en utilisant la nouvelle base de données « Inter-Organizational Relations and Conflict (IORaC), codant les interactions entre les organisations internationales. De manière plus spécifique, le cas du Kosovo tend à illustrer comment les relations entre l’ONU et les organisations internationales sont structurées. L’intervention internationale au Kosovo est, en effet, caractérisée par une structure bicéphale et divisionnelle. Ainsi, la Mis-sion intérimaire de l’ONU au Kosovo (MINUK), établie en tant que cadre général de coopéra-tion, est de type hiérarchique et pillarisée. Les organisations régionales parties prenantes du processus post-conflit (HCR, EU, OSCE) sont chacune responsable d’un pilier selon un prin-cipe de division du travail entre acteurs spécialisés. En parallèle, la KFOR (OTAN) est seule responsable de l’axe lié à la sécurité internationale et dispose, à ce titre, de toute l’autorité en la matière. Cela dit, à cette structure officielle, mise en place dans un but de transparence et responsabilité, se superpose une autre structure, issue, celle-ci, des relations qu’entretiennent tous les acteurs impliqués dans la reconstruction post-conflit au Kosovo. Ainsi, l’analyse des interactions entre les différents acteurs révèle que le système d’acteurs n’est pas hiérarchisé mais davantage basé sur une structure centre-périphérie. La KFOR et la MINUK font partie de ce cœur central, au même titre notamment que la Commission européenne. En outre, l’idée de spécialisation des acteurs, pierre angulaire de la structure officielle, semble remise en cause par l’analyse des équivalences structurales au sein du réseau. L’analyse du cas du Kosovo montre également que le processus de consolidation de la paix ne résulte pas d’une stratégie commune clairement établie. L’action collective mise en place entre les acteurs se révèle davantage être le produit de configurations d’interactions sous-sectorielles et volatiles dans le temps. Certaines régularités interactionnelles apparaissent cependant, que ce soit au niveau de la nature des interactions entre les organisations régio-nales (basées plus sur une coopération matérielle et diplomatique et de type financier) ou au niveau de certains sous-domaines de consolidation de la paix, notamment la justice, les droits de l’homme et la réconciliation. A l’issue de cette analyse, l’apport de la perspective d’analyse en réseau est incontestable. Outre la valeur ajoutée qu’apporte une visualisation graphique des réseaux, cette méthodologie, en identifiant la dynamique des relations entre les organisations internationales et leurs principales agences et institutions, permet de mettre à jour les structures de relations entre les différents acteurs et dans des sous-espaces d’actions spécifiques. La perspective de l’analyse en réseau permet indéniablement de reconsidérer tout le débat de la coopération inter-organisationnelle et d’ouvrir la voie à de nouvelles de recherche en la matière.

Citations

Pellon, G. (2012). INTER-ORGANIZATIONAL RELATIONS IN PEACEBUILDING PROCESSES. AN INSIGHT FROM KOSOVO (Working Paper ISPOLE 2). https://hdl.handle.net/2078.5/34696