‘Gouvernance du policing’ : comprendre la pluralisation des politiques de sécurité par deux notions controversées de science politique et de criminologie

Biaumet, Gilles
(2015) Colloque l’interdisciplinarité dans les études du politique (IDEP) — Location: Lipha, Université Paris Est Créteil, Paris (4.June.2015)

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En tant que pays sortant de conflit, le Burundi a affronté et affronte toujours le défi de la maîtrise de ses systèmes de sécurité, régulièrement évoqués comme se situant au cœur de l’explosion et de la perpétuation des conflits. Le Burundi est, désormais, un fascinant terrain d’analyse de ce que signifie la police dans un environnement sécuritaire toujours en cours de transformation, un terrain d’examen de la production de sécurité partagée entre des acteurs aux ressources diverses et variées. L’objectif de cette courte communication est d’avancer vers la proposition d’un cadre conceptuel pour comprendre cette production de sécurité au Burundi. À cette fin, il trace un pont entre les prescriptions de la criminologie contemporaine et l’analyse de l’action publique. La première promeut depuis une vingtaine d’années une approche amplifiante de la production de sécurité, incarnée dans la notion de policing. Au-delà de son assimilation à une institution policière parfois juridiquement mal identifiée, cette notion entend placer au cœur de l’analyse l’ensemble des acteurs qui contribuent à la protection des populations, dans les espaces privés comme publics. Ceux-ci sont effectivement nombreux : police(s), ministères compétents, sociétés privées de sécurité, bailleurs internationaux et, aussi, individus. Nous considérons que la science politique, et plus particulièrement l’analyse de l’action publique, doit prendre acte de cette approche amplifiante du faire police et l’opérationnaliser dans son travail d’analyse de la gouvernance de la sécurité. Cette dernière reste en effet, à notre sens, un des derniers secteurs qui résiste à être perçu comme un ensemble de processus de coordination entre acteurs multiples et agissant à divers niveaux de la politique publique. Une telle approche de la sécurité présente, de fait, un certain nombre de défis à l’analyse de l’action publique. De par la difficulté d’approcher ce secteur aux contours complexes, de par le secret dont il est souvent frappé, déceler la nature des relations entre les acteurs qui le composent requiert une importante récolte de données qualitatives que peu ont jusque maintenant tentée. Surtout, mettre en forme et en intelligence ces données dans une analyse scientifique peut placer le chercheur dans une impasse. À cet égard, le Burundi est tout aussi intéressant, en ce qu’il exemplifie la complexité des systèmes de sécurité, amas de relations parfois dysfonctionnelles et toujours en constante évolution. Aussi et sans pouvoir en stabiliser à ce stade les termes, cette communication relaie le message que comprendre la production de la sécurité nécessite l’élaboration d’un cadre d’analyse de la gouvernance du policing. Ce cadre est brièvement discuté au regard de l’exemple burundais.
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Biaumet, G. (2015). ‘Gouvernance du policing’ : comprendre la pluralisation des politiques de sécurité par deux notions controversées de science politique et de criminologie. Colloque l’interdisciplinarité dans les études du politique (IDEP), Lipha, Université Paris Est Créteil, Paris. https://hdl.handle.net/2078.5/187681