Le 31 mars 2004, le Parlement de la Communauté française promulguait le Décret définissant l’enseignement supérieur, favorisant son intégration à l’espace européen de l’enseignement supérieur et refinançant les universités, dit « décret Bologne ». Il comprend deux parties : l’une concerne l’enseignement supérieur dans son ensemble, l’autre est spécifique aux universités. Ce décret a eu entre autres effets de regrouper les institutions universitaires en trois académies structurées autour des universités complètes. Les institutions membres d’une même académie étaient encouragées par des incitants financiers à fusionner entre elles. Si les processus de fusion étaient allés jusqu’à leur terme, on ne compterait plus aujourd’hui que trois universités : l’ULg, l’ULB et l’UCL. Ces processus n’ont pas été jusque-là, ce qui a conduit le ministre Marcourt à affirmer l’échec des académies. Dans ses propos, la finalité des académies était de conduire les universités à la fusion, ce qui est discutable. Affirmer qu’elles ont échoué l’est tout autant, quand on sait qu’elles n’ont été l’objet d’aucune évaluation systématique, pas plus du reste que les autres réformes entreprises depuis le décret Bologne. Les pages qui suivent reviennent sur cette question de l’échec des académies et sur la méthodologie de la table ronde de l’enseignement supérieur qui s’est tenue de janvier à mai 2010. L’objectif de cette table ronde, prévue par la Déclaration de politique communautaire 2009-2014, était de réunir l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur afin de construire collectivement un projet global pour l’enseignement supérieur à partir duquel seraient repensées les collaborations entre les institutions d’enseignement supérieur, universitaire et hors université, en plaçant l’étudiant au centre des préoccupations. La Déclaration de politique communautaire prévoyait qu’en préalable à la table ronde, une évaluation des processus de collaboration serait réalisée et que ses conclusions serviraient de point de départ aux discussions. L’objectif de cet article est de dégager les éléments qui ont conduit aux difficultés que le projet de réforme connaît actuellement et à la dégradation des relations entre institutions d’enseignement supérieur qui y est liée.