Chondroid bone in dinosaur embryos and nestlings (Ornithischia: Hadrosauridae): Insights into the growth of the skull and the evolution of skeletal tissues
(fr) [Présence de tissu chondroïde chez des embryons et des jeunes de dinosaures (Ornithischia : Hadrosauridae) : implications sur la croissance du crâne et l’évolution des tissus squelettiques] Selon les précis d’histologie, le squelette des vertébrés est formé exclusivement d’os et decartilage. Ceci est une dichotomie erronée, car il existe en fait un continuum de tissus inter-médiaires entre l’os et le cartilage. Le tissu chondroïde (TC, ou os chondroïde) fait partie destissus intermédiaires les plus connus et a été rapporté chez les mammifères, les oiseauxet les crocodiliens. Il autorise (1) la croissance rapide du crâne et (2) le développementdes sutures cranio-faciales. Puisque le TC est présent dans le clade d’inférence justifiée(extant phylogenetic bracket) de Dinosauria, nous avons émis l’hypothèse qu’il était égale-ment présent chez les dinosaures non aviens. Grâce à une analyse paléohistologique etmicroradiographique, nous documentons pour la première fois la présence de TC chez desembryons et de jeunes dinosaures non aviens (Ornithischia : Hadrosauridae). Ce tissu a étéobservé dans cinq localisations : (1) au milieu de travées osseuses d’un surangulaire embry-onnaire ; (2) et (3) dans les processus coronoïde et alvéolaires d’un dentaire embryonnaire ;(4) au niveau des symphyses mandibulaires d’un embryon et d’un jeune hadrosaure ; (5)au niveau de la suture fronto-postorbitaire d’un embryon. Dans ces cinq sites, le TC étaitprésent en grande quantité, ce qui suggère un rôle important dans la croissance rapide ducrâne des hadrosaures durant leur développement embryonnaire. De plus, la présence deTC dans les aires suturales du frontal d’Hypacrosaurus suggère que ce tissu jouait aussi unrôle dans la croissance suturale, comme déjà rapporté chez les mammifères et les oiseaux.Ceci est un premier pas pour documenter et mieux comprendre les sutures des dinosauresd’un point de vue histologique. Cette étude rapporte la présence de TC dans un clade addi-tionnel de vertébrés. Il est parcimonieux de proposer que le TC présent chez les embryonsde poulet, Gallus gallus, chez les embryons d’alligators américains, Alligator mississippiensis,et chez ces embryons d’hadrosaures est homologue et qu’il leur aurait été transmis par leurancêtre commun.
Bailleul, A. M., Lengelé, B., Hall, B. K., & Horner, J. R. (2016). Chondroid bone in dinosaur embryos and nestlings (Ornithischia: Hadrosauridae): Insights into the growth of the skull and the evolution of skeletal tissues. Comptes rendus. Palevol, 15(1-2), 49-64. https://doi.org/10.1016/j.crpv.2014.12.004 (Original work published 2016)