Hatshepsout, entre histoire et idéologie : analyse des institutions pharaoniques à travers le cas exceptionnel de son règne

(2014)

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Obsomer, Claude
Abstract
(fr) Hatshepsout, sujet principal de cette thèse, est la fille du roi Touthmosis Ier. D’abord Grande Épouse royale de son demi-frère Touthmosis II, elle occupa ensuite la régence durant les premières années du fils de ce dernier, Touthmosis III, celui-ci étant encore très jeune au moment de son accession au trône. Cependant, après quelques années, Hatshepsout ne se contenta plus des quelques titres ou prérogatives royales dont son rôle de régente lui permettait de bénéficier : elle devint roi de facto. Elle régna dès lors sur l’Égypte au même titre que le roi légitime, Touthmosis III. Son règne, qui constitue la première (et seule) co-royauté que connut l’Égypte, dura jusqu’à la disparition de la souveraine, au plus tard en l’an 22. Il est marqué par de nombreuses constructions, notamment dans la région de Karnak, et par la rédaction de nombreux textes ventant le pouvoir d’Hatshepsout et sa légitimité à monter sur le trône. Cette thèse a pour objectif de parvenir à dissocier, dans les événements racontés par Hatshepsout, ce qui est historique et ce qui est avant tout idéologique. Pour ce faire, des traductions nouvelles du corpus de textes laissés par la souveraine sont proposées, parfois innovantes et susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives. L’étude de l’idéologie d’Hatshepsout se fait tout d’abord à travers une analyse des différents titres et épithètes qui lui sont attribués tout au long de sa vie, depuis l’époque où elle était seulement Grande Épouse royale de Touthmosis II jusqu’à celle où elle se présente comme un souverain à part entière. De la sorte, il a pu être mis en évidence que l’accession d’Hatshepsout au pouvoir et à un statut royal était le fruit d’une évolution lente et progressive. Le discours idéologique est ensuite étudié de manière plus globale, en s’intéressant principalement aux relations de la souveraine avec les dieux – en particulier avec le dieu Amon, présenté comme son père divin dans le récit de la Théogamie – et avec les autres rois, qu’il s’agisse de ses ancêtres, de son époux ou de son jeune corégent. Ce discours, pleinement original malgré les nombreuses références qui y sont faites à des thèmes plus anciens, permet à Hatshepsout de légitimer son propre pouvoir, mais aussi, vraisemblablement, de légitimer l’accession au trône de Touthmosis Ier et de la dynastie touthmoside dans son ensemble. L’analyse idéologique des textes laissés par la souveraine permet enfin de distinguer ce qui a ou pourrait avoir une valeur historique de ce qui ne peut en avoir. Ainsi débarrassé de tous les événements fictifs qu’Hatshepsout a elle-même créés, mais aussi de toutes les hypothèses non fondées voire de tous les mythes qui ont été attachés à sa personne depuis la fin du XIXe siècle, le règne de la souveraine peut être retracé dans ses grandes lignes.
Affiliations

Citations

Coyette, A. (2014). Hatshepsout, entre histoire et idéologie : analyse des institutions pharaoniques à travers le cas exceptionnel de son règne. https://hdl.handle.net/2078.5/46711