Comme le souligne l’appel à contributions, la reproductibilité technique impose de repenser la notion de présence. Plusieurs voies dramaturgiques s’ouvrent pour ce faire et je me propose de baliser l’une d’elles, qui me semble remarquablement illustrée par le théâtre de Roland Dubillard. Je m’appuierai sur le concept de consistance tel qu’il a été défini par Godel dans son fameux théorème : un système causal est dit consistant lorsque les liens de causalité se répètent, obéissant à des règles immuables et donc nécessaires. Chez Dubillard, la reproductibilité technique n’implique pas la consistance et ce paradoxe devient le creuset de son œuvre, laquelle interroge constamment – au plan thématique, mais surtout au travers de dispositifs énonciatifs singuliers – la possibilité de capter ce qui se révèle aussitôt inconsistant.
Piret, P. (2025). Capturer l’inconsistant : une voie dramaturgique. En relisant Roland Dubillard. Le Théâtre à l’ère de la reproductibilité technique, Paris 3 Sorbonne nouvelle. https://hdl.handle.net/2078.5/245034