«Toutes les vies ont de la valeur, il y a urgence à remettre tous les soins en route !»

«Toutes les vies ont de la valeur, il y a urgence à remettre tous les soins en route !»

Les mesures de confinement mises en place depuis quatre semaines affichent clairement le choix de notre société de sacrifier des points de croissance économique et des ressources financières publiques colossales pour sauver des malades du Covid-19 et donc des vies.

A situation sanitaire inédite, l'effort collectif est sans précédent et confirme que l’on donne de la valeur à la vie. Cependant, toutes les vies importent: celles des patients qui se battent contre le Covid-19 comme celles des autres malades. Ces derniers jours les soignants s'alarment de la diminution significative de la fréquentation des services d'urgence, des annulations de rendez-vous de dépistage, de l'interruption des soins de patients avec des maladies chroniques, handicaps ou problèmes de santé mentale, et de l'absence de prise en charge des patients présentant des problèmes de santé aigus et graves.

Que la désertification des couloirs hospitaliers pour ces raisons s'explique par la crainte naturelle des patients de se rendre dans un hôpital et de risquer d'être contaminés par les malades du Covid-19, ou par le fait que les hôpitaux engorgés par les malades du Covid-19 ne peuvent aisément traiter les cancers ou les crises cardiaques ou assurer des opérations chirurgicales, peu importe. Il y a, à l'évidence, des besoins de soins non satisfaits en Belgique et il est important d'agir vite car les pertes de chances de santé et de survie des autres malades que les malades du Covid-19 s'accroissent chaque jour et elles pourraient bien l'emporter sur les pertes de chance des malades du Covid-19 lui-même.

S'il est difficile de définir la meilleure stratégie dans cette situation de crise, le défi reste le même que celui que poursuivent les économistes de la santé dans tous leurs travaux ; maximiser les années de vie sauvées et la bonne santé sous la contrainte de ressources en temps, en moyens humains et financiers du système de santé. Il est difficile d'évaluer les dommages médicaux des reports, annulations et renoncements aux soins hors Covid-19 des dernières semaines mais il est certain qu'ils ne font que croître avec la durée de confinement.

Ainsi, à l'heure des discussions de stratégies de sortie de confinement, l'une des priorités du gouvernement devrait être de favoriser la (re-)prise en charge des patients atteints d’autres maladies que le Covid-19 comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, auto-immunes, ou les pathologies mentales lourdes. Il importe de ré-ouvrir toutes les structures de soins, qu’il s’agisse de soins de première ligne, spécialisés, paramédicaux, psychiatriques, ou de dépistage, aussi vite que possible et avec une mise en place de mesures d’hygiène et de sécurité nécessaires. En outre, il ne faudra pas oublier les services de soins psychologiques, car au moment du « déconfinement », des effets négatifs sur la santé mentale dus à l’isolement, aux conditions de logement défavorisées ou à ce vécu de crise, apporteront, sans aucun doute, de nouveaux patients dans le système de soins.

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